1er génériques Star Wars

Chaque film de Star Wars présente la particularité de débuter par un prologue, une petite introduction servant à situer l’action et les personnages. Ce prologue est un texte de couleur jaune qui défile sous nos yeux sur fond noir étoilé de l’espace infini… Et c’est un moment intense pour le téléspectateur et qui requiert de la concentration, parce que le texte défile rapidement !

Si le procédé peut paraître un peu particulier, il présente l’avantage de situer immédiatement le contexte, de sorte que le film puisse démarrer sur une scène d’action pour embarquer d’entrée le téléspectateur.

1er génériques Star Wars

Mais Comment étaient réalisés les génériques d’ouvertures défilant des premiers Star Wars?

Que serait Star Wars sans son générique déroulant d’introduction ? Depuis La Guerre des étoiles en 1977, chaque épisode de la mythique saga débute de la même manière : une brève exposition des événements auxquels le spectateur va assister deux heures durant. Ce texte fuyant vers l’infini de l’espace, et qui se dévoile à la mesure d’un hymne non moins mythique, s’est invité dans l’inconscient collectif et se présente aujourd’hui comme une évidence pour chaque chapitre.

Pourtant, le procédé n’a pas toujours été apprécié par la bureaucratie hollywoodienne. Car il est de coutume à l’époque de commencer un film par un générique présentant acteurs, producteurs et réalisateur au tout début et non à la fin. Si l’on a pardonné à George Lucas son incartade sur La Guerre des étoiles, c’est que l’on pensait que ce petit film de science-fiction, un peu hâtivement rangé dans la case « séries Z », serait vite oublié, à la manière de foisonnantes productions et nanars étoilés. À l’origine, la guilde des réalisateurs n’y avait rien trouvé à redire, mais ce ne fut plus le cas pour la suite de la saga. Il faut dire que le succès financier inattendu de La Guerre des étoiles, marquant un tournant dans la manière dont Hollywood allait dorénavant concevoir le cinéma, était l’occasion de remplir les caisses de cet organisme, vite rejoint dans sa démarche par la guilde des scénaristes.

Bouc émissaire

L’Empire contre-attaque devint le bouc émissaire des deux syndicats professionnels de l’industrie cinématographique américaine qui ont droit de regard sur le montage d’un film. Sans la perspicacité de George Lucas, Star Wars n’aurait pas l’allure qu’on lui connaît. Pour transmettre au spectateur toute l’émotion d’une séquence qu’il a toujours eue en tête depuis l’enfance, il s’était dispensé de cette lourdeur administrative. N’appelle-t-on pas le cinéma, le 7e art ? Si l’art doit être strictement codifié, demeure-t-il de l’art ? Lucas ne céda pas et menaça de porter l’affaire en jugement. La guilde contre-attaqua en promettant, en cas de procès perdu, de s’en prendre à Irvin Kershner, le réalisateur du film. Pour protéger son ami, Lucas paya une forte amende et déchira ses cartes de membre concédées auprès de l’establishment hollywoodien. Ces événements nourrirent encore plus sa volonté d’indépendance vis-à-vis des studios.

Devenue une véritable marque de fabrique, cette présentation très particulière n’est pourtant pas une invention de Lucas, mais un procédé inspiré par le serial Buck Rogers de Ford Beebe et Saul A. Goodkind en 1939, repris l’année suivante dans Flash Gordon conquiert l’Univers du même Ford Beebe et du réalisateur Ray Taylor. Diffusé aux États-Unis lors des célèbres matinées du samedi, chaque épisode commençait par un rapide résumé afin que le spectateur puisse replacer l’action dans son contexte. Modernisée, la formule permit à George Lucas de donner à son film une note de nostalgie assumée.

Nouvelle ère starwars

Techniquement, à l’origine, il s’agissait de rouleaux imprimés en autant de langues que nécessaire – coquilles comprises –, déroulés à la main tout en les filmant. L’informatique a, depuis, pris le relais ; l’artifice de présentation est aujourd’hui à la portée de tous et fait son effet sur une carte d’anniversaire électronique. Figurant dans chaque épisode, l’Opening Crawl (tel est son nom dans la langue de Shakespeare) est si indissociable de Star Wars qu’aucun autre film (hors parodies) n’a osé reprendre le principe. Pas même le premier spin-off de la saga, le tant attendu Rogue One : A Star Wars Story qui sort sur nos écrans le 14 décembre. En juin dernier, après mûre réflexion, Kathleen Kennedy, la présidente de Lucasfilm, avait révélé que ce film autonome n’intégrerait pas de déroulant d’introduction, réservant celui-ci à la seule saga des Skywalker.

À y regarder de plus près, il est vrai que Rogue One peut s’en défaire aisément : après tout, l’histoire du film, connue de tous, est celle décrite dans le générique déroulant de La Guerre des étoiles. Point n’est besoin de préparer davantage le spectateur. Avec Rogue One, Star Wars entre officiellement dans une nouvelle ère : les génériques d’ouverture des épisodes de la saga deviennent, potentiellement, autant d’histoires à développer dans le futur. La boucle est bouclée.

 

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